mardi 16 mars 2010

Zurich, le retour

Quelques clichés d'un week-end récent à Zurich.





































dimanche 7 mars 2010

Le droit au Kebab

Après de longues semaines d’absence, me voici de retour! Je ne suis pas resté inactif, puisque j’écris pour le Lausanne Bondy Blog depuis septembre. Je vous encourage à aller y jeter un œil, vous pourrez me lire sur des sujets aussi variés que le Suisse romand, l’addiction aux jeux en ligne, la votation anti-minarets ou les librairies BD à Lausannne.

Aujourd’hui, je veux vous entretenir d’une particularité assez contraignante de la vie en Suisse : les heures d’ouverture des magasins. Quelques semaines après mon arrivée, je me suis retrouvé un samedi devant la porte fermée du Casino… il était 18h15. Cela m’arrive une deuxième, puis une troisième fois, ce qui m’énerve passablement. Après une rapide enquête, j’apprends que je dois m’estimer heureux d’une fermeture à 18h le samedi, car il y a quelques années encore à Lausanne, les grandes surfaces fermaient à 17h.

En semaine, si vous voulez vous approvisionner chez la mère nourricière, la Migros, vous devrez être présent avant 19h, auquel cas vous passerez votre soirée le ventre vide. Il vous reste alors l’option de passer à un magasin de quartier comme une Coop Pronto ; le choix est moindre et les prix sont surtout plus élevés. Ne fondez cependant pas tous vos espoirs dessus : ils ferment tôt également, à 21h ou 22h.

À titre de comparaison, les Colruyts de Belgique sont ouverts jusque 20h, semaine comme samedi. Et lorsque j’habitais en Suède, j’avais un supermarché ouvert 7 jours sur 7 jusque 22h ! J’ai ainsi découvert les courses le dimanche soir, petite révolution.

En Suisse, il faut s’organiser. Pas question de compter faire ses courses à la dernière minute, par exemple aller chercher les aliments qui vous manquent le samedi soir juste avant que les invités n’arrivent… Ceci vaut également pour la restauration : passé une certaine heure, abandonnez tout espoir de trouver une échoppe ouverte pour vous sustenter. En semaine, la plupart des Kebab lausannois ferment à 21h… Le vendredi et samedi soir, certains ont l’audace de rester ouvert jusque 22h ! Miracle ! Passé cette heure, les lausannois ont deux choix : le MacDo de Saint-Laurent et la brasserie du Château.


En Belgique, il est aisé de trouver une friterie ouverte jusque minuit, et un Kebab jusque 2h du matin un samedi. Et si vous avez toujours faim, vous pourrez toujours aller chercher un paquet de chips au paki (ndlr, night shop, généralement tenus par des pakistanais) du coin, ouvert toute la nuit.


Voilà bien une tyrannie ! Comment les villes osent-elles édicter des règlements si contraignants ? Oui, il faut préciser que ces heures de fermeture sont obligatoires pour les restaurateurs. Je sais que les Suisses mangent tôt, mais tout de même… J’estime que pour les habitants des villes, au 21ème siècle, le Kebab est plus qu’un service ; c’est un droit. Il fait partie des choses auxquelles un urbain peut raisonnablement avoir droit, jusqu’à une heure tardive ; cela en compensation de nombreuses nuisances atmosphériques, sonores, visuelles auxquelles il est exposé quotidiennement.

La Suisse conservatrice avec son taux élevé de femmes au foyer explique en partie cet état. Inutile de laisser les supermarchés ouvert tard, puisque madame est supposée faire les achats en journée, tandis que monsieur travaille. Et quand à de la petite restauration rapide, pas question de les ouvrir tard, madame est supposée avoir fait à manger pour monsieur lorsqu’il revient du travail. Le manque généralisé de garderies va dans le même sens (il faut savoir que dans certains cantons de Suisses, le droit de vote des femmes a été accordé en 1990).
Ces heures de fermetures ne sont pas uniquement liées à des règlements, mais également au fait que nos amis les Suisses mangent tôt. Il ne doit probablement pas être très rentable pour un Kebab d’être ouvert après 22h, vu le nombre de personnes que l’on peut croiser en rue.

Toute cette réflexion suscite en moi un tiraillement énorme. D’un côté, une ville ouverte en continu, 24h sur 24, sans rythme, n’est pas souhaitable. Des magasins ouverts plus tard, c’est plus de consommation, et des vendeurs qui ont des horaires encore plus impossibles qu’aujourd’hui. De l’autre côté… j’ai droit au Kebab ! Je veux me battre pour cette liberté fondamentale ! Lève-toi mon frère et rejoins ma cause !

mardi 3 novembre 2009

Découvertes latino-américaines

Je m’accorde une petite entorse à la thématique du blog pour vous faire un petit compte-rendu d’un voyage que j’ai effectué récemment en Argentine et au Chili. Il y a tellement de choses à dire et de photos à montrer que je me suis décidé pour une petite sélection en forme de spécificités culturelles ; autrement dit, je vais vous présenter une petite liste de choses qui m’ont marqué là-bas en tant qu’européen. Ces petits constats ne concernent que l’Argentine et le Chili, même s’ils sont peut-être valables pour d’autres pays d’Amérique latine.

1) les chiens errants : leur nombre est impressionnant. Au Chili, il s’agit d’un véritable problème de santé publique, les autorités ne savent pas comment enrayer leur multiplication. Appartenant à tout le monde et à personne, ils se promènent en rue et se débrouillent pour trouver de la nourriture. Pendant la journée, ils dorment durant de longues heures au soleil un peu n’importe où et se réveillent avec force aboiements la nuit tombante. Parfois, l’un d’entre eux vous prend d’amitié et vous suit toute une journée durant.. avant de partir comme il est venu !

Bariloche - Argentine

Valparaiso - Chili

2) les poubelles sur pattes : à cause des chiens, il est impensable de laisser traîner des sacs poubelles.. ceux-ci se verraient immédiatement éventrer ! Le résultat ? Ces paniers en fer pour accueillir les immondices.

Bariloche - Argentine

3) les toilettes sans papier : petit détail marrant, les canalisations des toilettes ne sont pas faites pour évacuer du papier. Il faut donc s’habituer à jeter le papier dans des petites poubelles qui se trouvent à côté, au lieu de le précipiter allégrement dans la cuvette…

4) les files : l’Argentine est un pays avec une culture de la file. C’est quelque de très important, qu’il faut apprendre à respecter. Ainsi, à l’arrêt de bus, le premier arrivé se place en-dessous du poteau, les autres se mettent sagement derrière lui. On voit ainsi parfois vingt personnes en rang d’oignons sur un trottoir !

5) la circulation : bienvenue en Amérique, où la voiture est reine ! Ici, la règle européenne qui veut que, par défaut, un piéton est prioritaire sur une voiture, est inversée… et tu l’apprends vite après une ou deux frayeurs ! Les rues sont surdimensionnées avec 4, 5 voire 6 bandes… La plus impressionnante est l’Avenida 9 de Julio de Buenos Aires, réputée pour être l’avenue la plus large du monde avec 140 mètres de large. Impossible à traverser en un seul coup – et même quand le feu est rouge pour les voitures, on sent qu'il ne vaut mieux pas s'attarder sur le passage zébré… Voici quelques clichés de la circulation à Buenos Aires, avec l'Avenida 9 de Julio en dernier.


6) les véhicules : en Argentine comme au Chili, vous pourrez voir des vieilles voitures et de bons gros trucks américains, qui sont assez différents de ce que l’on trouve en Europe. Celui-ci par exemple, vu à Buenos Aires.


7) les arts de rue : au Chili particulièrement, ceux-ci sont fort développés. On retrouve ainsi des musiciens, mais aussi des cantatrices, des humouristes, des jongleurs, des mimes, etc. Ainsi, toute une partie de la place d’armes à Santiago est réquisitionnée par des mimes qui singent les passants qui marchent près d’eux. Le public est présent en masse, il participe au spectacle, rit, applaudit et récompense les artistes d’une petite pièce. Trois photos de la place d'armes de Santiago.


8) les petits métiers de rue : dans les deux pays, une foule de petits métiers (qui ont disparu chez nous) existent. Ainsi, il y a le dog-sitter qui promène parfois une quinzaine de chiens pour une petite heure ; le cireur de chaussures ; le gareur de voiture qui t’indique où tu peux parquer ton véhicule ; le maleterio qui met ton sac dans la soute du bus ; le laveur de pare-brises qui officie au feu rouge ; le vendeur de tout et n’importe quoi en rue, etc. Tout cela fait une belle animation sur les trottoirs des villes. Deux photos de Santiago.


9) les cafés avec des pieds : Santiago du Chili comporte des établissements relativement… machos. Il s’agit de "cafés avec des pieds" (récompense à qui me retrouve l'expression en chilien), dans lesquels les hommes viennent boire un café servi par de sculpturales femmes en mini-jupe. Tout cela debout, bien sûr, le but étant de pouvoir observer leurs jambes de la façon la plus affichée qui soit !

Café avec des pieds - centre de Santiago

10) la religion catholiques et ses saints : le christianisme est resté fervent en Amérique latine. Les églises sont fréquentées et décorées, parfois à l’excès. Cela change en tout cas des sobres églises protestantes que l’on peut voir en Suisse notamment. Dans les églises sud-américaines, des autels dédiés à de nombreux saints, chacun étant le protecteur d’une catégorie de personnes : le saint des femmes enceintes, le saint des enfants, le saint des malades, etc. On les implore avec des fleurs, des photos, des petits messages… Le plus sympa est San Expedito, le saint des causes rapides : on le supplie de nous faire gagner au tirage du lotto de samedi prochain, de nous dénicher un bel appartement ou de faire en sorte que la fille avec que l’on a invitée la dernière fois nous rappelle – en lui laissant bien sûr le numéro de portable de la fille (véridique) !

Iglesia de Nuestra Señora del Pilar - Buenos Aires

Catedral Metropolitana - Santiago de Chile

11) les bus : au Nouveau Monde, les trains sont rares. Pour rallier une ville à l'autre, c'est le bus qui est le mode le plus utilisé. C'est tout un business là-bas, il y a des terminals de bus énormes, plein de compagnies différentes, etc. Un élément fondamental de l'ambiance du voyage, que l'on aime ou pas.

Terminal de bus - Buenos Aires

La pampa argentine, quelque part entre Buenos Aires et Neuquen

11) les spécialités culinaires : on y vient enfin, cela reste la partie la plus intéressante du voyage. En Argentine, vous ne pouvez louper les pizzas (héritage de l'immigration italienne), le maté (sorte de thé très répandu, qui se boit dans une boule avec une paille en fer) et le bœuf évidemment ! Il fond dans la bouche, je confirme. Poussez la porte d’une parrilla et commandez un asado. Ne mangez pas de la journée, vu la quantité de viande que l’on va vous servir, c’est préférable. Pour l’anecdote, vous ne recevrez par défaut que la pièce de viande, si vous désirez un accompagnement quelconque, il vous faudra le commander en supplément. Au Chili, goûtez les completo (hot-dog très populaires), le vin et le pisco (un alcool, que l’on trouve également au Pérou – mais les chiliens assurent que le leur est meilleur). Dans les deux pays, vous ne pourrez passer à côté des empanadas (chaussons fourrés à la viande ou au fromage) et de la crème de lait (dulce de leche en Argentine, manjar au Chili), qui remplace notre Nuttela.

Le maté argentin

Snack à completos - Santiago

Rue remplie de snacks à completo - place d'armes de Santiago

Tous ces petits détails ne remplacent pas une présentation en long et en large de l’Argentine et du Chili, avec leur histoire, leur politique, leur économie… pour tout cela, il y a Mastercard Wikipédia. Personnellement, j’ai un petit coup de cœur pour l’Argentine et Buenos Aires, qui est agréable à visiter malgré sa taille immense et son flot perpétuel de voitures. Le mieux, ce que vous y alliez vous-mêmes, comme ça vous vous faites votre avis!

dimanche 25 octobre 2009

Trottinette et viande de cheval, triple bise et vol à la tire


Aujourd'hui, je voudrais vous soumettre une petite compilation de particularités helvétiques. Même si je m'y suis progressivement habitué, elles demeurent intriguantes pour l'étranger que je suis.

- la trottinette : en Suisse, il s'agit d'un moyen de transport utilisé par des adultes, et pas seulement un jouet destiné aux enfants ou un loisir pour les fans de sports de glisse. Il est ainsi courant de voir à Lausanne des personnes qui se déplacent en trottinette dans la ville. Mon colocataire, par exemple, se déplace régulièrement de la sorte. Par rapport à la marche à pied, cela permet un gain de temps, et l'objet n'est pas très encombrant. Je n'ai pas encore aperçu de cadre supérieur en costume cravate allant travailler en trottinette, mais j'attends mon heure.

- la viande de cheval : fait étrange, on mange beaucoup de viande de cheval en Suisse. On pourra trouver facilement un steak de cheval au restaurant, et il est courant de voir des "boucheries chevalines". Je n'ai personnellement jamais mangé de viande de cheval, dans ma tête cela fait un peu animal domestique, c'est comme si je mangeais mon chat... bizarre docteur?

- la triple bise : se dire bonjour, voilà quelque chose d'extrêmement culturel, rien de neuf sous le soleil. On connaissait la bise unique des belges, la double bise des français, les embrassades des nord-américains, le baiser sur la bouche des russes, le salut chinois avec les mains jointes ; voici la triple bise suisse. Elle n'est pas facile à attraper et demande un peu de coordination de la part des deux protagonistes. Personnellement, j'ai du mal à savoir si l'on peut parler entre les bises. Par exemple, la première fois que je recontre quelqu'un, ça donne : salut-smoutch-Etienne-smoutch-smoutch-enchanté.

J'ai opté pour le placement du prénom entre la première et la deuxième bise, mais je suis ouvert à toute proposition alternative.

- les objets trouvés : le rapport du Suisse à la propriété d'autrui est assez exemplaire. Si d'aventure vous perdiez quelque chose à Lausanne, ne désespérez pas. Retournez à l'endroit où vous pensez avoir perdu l'objet et souriez, car bien souvent, vous verrez cela.

Je me suis longtemps interrogé sur la signification de ces gants, écharpes voire même trousseaux de clés (sic!) placés en évidence à un arrêt de bus ou sur un banc public. L'explication est simple : les personnes qui les trouvent les ramassent afin que les distraits concernés puissent les récupérer! Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, c'est assez nouveau..

D'une manière générale, il me semble que les Suisses sont plus respectueux des affaires d'autrui (et moins voleurs) que d'autres peuples. Simplement une question de niveau de vie? Quand on a les moyens de payer une piscine on ne va pas voler le vélo de son voisin? Ce respect n'est toutefois pas sans limite ; si vous laissez traîner votre portefeuille en rue, vous le retrouverez probablement plus léger.

Ainsi dressé, le tableau semble idyllique, mais il y a quand même un petit effet pervers : celui de s'habituer à cette sécurité. En effet, si vous allez visiter d'autres contrées plus "hostiles" (Barcelone, par exemple), vous vous rappelerez bien vite que ce n'est qu'en Suisse qu'on vole peu - et qu'ailleurs, il faut vigilance garder... à bon entendeur!